Depuis quelques jours, vous pouvez signaler une publication LinkedIn avec un motif assez … savoureux. Il suffi
18 août 2026
Depuis quelques jours, vous pouvez signaler une publication LinkedIn avec un motif assez … savoureux. Il suffit de sélectionner « On dirait de l’IA slop. »
En gros, c’est quand on ne peut pas prouver que c’est de l’IA, mais qu’on trouve que ça en a la tête, alors … on dénonce.
Pour moi, le souci, c’est que LinkedIn ne nous demande pas de signaler un contenu faux, frauduleux ou même juste mauvais. Ici, LinkedIn nous propose de signaler un contenu qui “a l’air” d’avoir été fait par une IA. La nuance est finalement assez vertigineuse.
Et le détail que je trouve absolument délicieux ?
LinkedIn lui-même proposait encore récemment un outil permettant… de réécrire vos posts avec l’IA. Oui oui. La plateforme a poussé ses utilisateurs à utiliser l’IA pour publier. Avant de supprimer cette fonctionnalité.
Et maintenant elle nous propose de dénoncer ceux dont les publications ressemblent un peu trop au résultat. Il fallait oser. Ils l’ont fait.
Où c’est encore plus borderline, c’est que LinkedIn nous explique que ces signalements vont servir à améliorer ses modèles et ses systèmes de recommandation.
Autrement dit, nous sommes invités à entraîner gratuitement l’algorithme chargé de décider ce qui mérite d’être vu. Sympa. Sauf qu’un bouton de signalement basé sur une impression ouvre aussi une porte assez peu réjouissante.
Je n’aime pas votre opinion ? Votre tête ? Votre entreprise ? Votre dernier post ?
Tiens donc. « On dirait de l’IA slop. »
Je ne dis pas qu’un signalement va entraîner automatiquement un shadow ban. Nous n’en savons (encore) rien. Et justement, alors que la visibilité de nos contenus dépend déjà d’un algorithme plutôt opaque, je ne suis pas certaine que rajouter une couche de délation subjective soit l’idée du siècle.
Car au fond, l’IA slop n’est pas un problème d’IA. C’est un problème de slop.
Détail intéressant : “slop” signifie littéralement quelque chose comme “bouillie” ou “pâtée”. LinkedIn ne nous demande donc même pas d’identifier les contenus générés par IA. Il nous demande de décider lesquels sont suffisamment mauvais pour mériter l’étiquette “bouillie IA”.
Ce qui devrait nous intéresser, ce n’est pas avec quoi ce texte a-t-il été écrit, mais bien si son auteur a quelque chose de pertinent, de singulier, de personnel à partager.
Et pour ça, excellente nouvelle ! Nous disposons déjà depuis très longtemps d’un outil de modération extrêmement performant. Cet outil ultra perfectionné, c’est de tourner la tête et ne pas lire.
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